[Interview] David Lévy-Thiébaut : accélérateur d’intégration numérique

Aujourd’hui nous allons interroger David Lévy-Thiébaut, fondateur de Marcel Relocation, l’agence basée à Paris et Bordeaux qui prend en charge l’ accompagnement sur-mesure des expatriés en France.

David Lévy-Thiébaut, fondateur de Marcel Rélocation

Marcel intervient comme un véritable ” accélérateur d’intégration “, gage des mobilités heureuses et réussies.

Notre agence travaille depuis longtemps avec l’entreprise de David. Pour cette raison, c’est encore plus intéressant de connaître son opinion sur certains thèmes qui touchent l’expérience quotidienne du numérique.

[ photo par Hervé Bacquer ]

Quand as-tu commencé à utiliser les technologies numériques dans ton activité ?

En 1984, quand j’y repense, dans la banque où je fais mon stage de fin d’étude seule la secrétaire a un traitement de texte avec un écran. En 1988/1989 un premier micro ordinateur de marque Goupil, avec un disquette floppy, au Crédit Lyonnais Champs Élysées m’est attribuée en tant que commercial. Je suis formé pour cela. Je m’en sers assez peu, uniquement pour du traitement de texte. Les secrétaires sont toujours très présentes, actives et un peu inquiètes pour leur avenir.

En 1996 je signe mon premier contrat personnel de téléphonie mobile chez SFR et j’ai un NOKIA. Le prix du service est exorbitant, on paie à la consommation, avec un minimum de facturation. La facturation est approximative.

Le service déplorable. Cela coupe tout le temps. 

Lors de l’incendie du siège du Crédit Lyonnais en mai 1996 il n’y a que très peu de portable attribués (une dizaine), essentiellement au Comex. Mon premier portable professionnel me sera attribué en 2000, chez AGF Allianz.

Je me souviens qu’au début des années 2000, ma cheffe chez AGF Allianz faisait imprimer ses mails par sa secrétaire le soir et lui rendait le matin pour qu’elle tape ses réponses portées en marge au crayon à papier ! Aujourd’hui tout cela parait aussi loin que Gutenberg…

SMT Goupil 3 avec deux unités floppy ( 1983 )
Aujourd’hui pourrais-tu te passer du numérique pour ton activité ?

Chez MARCEL RELOCATION, dans notre activité d’accompagnement des mobilités, qui est une activité de contacts humains, cela me parait tout à fait impossible. Approfondir la connaissance de nos clients, pour leur offrir un service adapté trouver le bon logement, caler des RV, obtenir des réponses rapides, faire signer des contrats à distance, faire les transferts d’argents, trouver la bonne salle de gym, etc… Nous passons nos journées au téléphone et devant nos écrans, petits ou grands.

Les soirées et les week-end aussi, en partie. C’est un vrai problème d’ailleurs, mais nos clients savent que nous sommes connectés et que nous pouvons leur apporter des réponses instantanément. Pour eux, la possibilité de nous contacter, c’est un puissant réducteur de stress. Quand on arrive dans un nouveau pays, une nouvelle ville et que l’on doit réussir un challenge professionnel dans son nouveau poste, les questions ne viennent pas de 9h à 17h, il vaut être souple et disponible. Seul le digital le permet ! 

Nous sommes des réducteurs de stress.

Je n’imagine pas ce que serait notre réactivité, notre qualité de service si je devais revenir au papier, crayon, machine à écrire et téléphone, fax. Il me faudrait repenser complétement ma manière travailler, moi, et mon équipe. Il faudrait produire moins, réduire la qualité du service aux clients et bien sur notre réactivité, dans un monde qui serait beaucoup plus lent…. Que certains regrettent !  

Nous serions forcément plus chers, alors qu’aujourd’hui, nous pouvons accompagner plus largement les mobilités.

Quelle importance a eu la formation spécifique dans le développement de tes compétences numériques ?

Je suis né en 1961 et le moins que je puisse dire, je dois l’avouer, c’est que, clairement , je ne suis pas un « digital native » ( rires ). Je le vois avec mes jeunes collaborateurs même si le gap s’est sensiblement réduit.

Les entreprises pour lesquelles j’ai travaillé ont beaucoup investi dans les formations de toutes natures liées aux usages numériques. Avec des fortunes diverses. J’ai beaucoup sollicité les hot-lines, surtout au début, sur des problèmes de capacité de stockage, de blocages systèmes etc.

Je n’étais pas particulièrement doué, je pense, mais les torts étaient partagés, ce n’était pas aussi facile que maintenant. Tout était, de mon point de vue, contre-intuitif et très technique. Ce n’est plus vrai, je me suis adapté, mais c’est surtout les outils qui ont fait la plus grande partie du chemin.

Quelle importance pense-tu que le numérique aura dans le développement de ta carrière professionnelle ?

Pour moi, au départ, le digital était vu essentiellement un moyen, un outil. Il est devenu bien plus que cela : un mode de vie, d’échange et il influe sur notre façon d’être et de penser. Il offre une plasticité et une réactivité qui permette d’aller plus vite, d’être plus réactif.

La question est peut-être plutôt, dans mon environnement digital, je dois moi aussi être digital. C’est devenu un langage et un standard d’échange commun à tous.

Quels sont les outils numériques que tu ne pourrait jamais abandonner ?

Je n’en vois que 2 mais j’y tiens : MacBook et iPhone

En revanche, tu m’y fais penser, j’ai abandonné l’iPad progressivement sans m’en rendre compte !

Tu te vois où, professionnellement , dans dix ans ?

Je n’en ai aucune idée. Mais je sais rétrospectivement, de toutes façons, qu’aujourd’hui je ne suis pas là où je pensais être il y a 10 ans.

Quelle technologie, à ton avis, aura l’impacte majeur dans notre quotidien d’ici à cinq ans ?

Je pense que ce sera la mobilité électrique, tous moyens confondus, parce que la révolution de la voiture autonome, je la vois plutôt à horizon des 10 ans.

Filière de la mobilité électrique
[ photo par Avere France ]
Est-ce que tu pense que le niveau de l’éducation digitale soit suffisante, aujourd’hui, dans l’environnement professionnel ( et en général ) ?

Je pense que l’éducation au digital est globalement bien menée, mais qu’elle laisse des populations à l’écart. C’est une source de frustration personnelle mais aussi politique et sociale. Je vois le problème mais je ne sais pas comment le résoudre.

Comment décrirais-tu ton expérience professionnelle avec mon agence ?

Travailler avec toi sur les solutions digitales aux problèmes que nous rencontrons chez MARCEL a été bien au-delà de mes attentes.

L’idée de départ était un focus sur les sujets « communication » mais le travail fait en commun nous a permis en interne d’identifier des faiblesses et d’apporter les solutions adaptées et efficaces. Un grand merci à Marco !

Recommanderais-tu mon agence à quelqu’un? et si oui, avec quels objectifs?

Je conseillerai l’intervention de Marco sans hésiter et sans distinguer un secteur ou une taille d’entreprise en particulier. D’expérience je sais que ses conseils sont précieux et vont bien au-delà « la com’ ». Du reste je reste en contact car l’histoire n’est pas terminée et notre secteur, nos offres, sont fortement évolutives.

Nous remercions David Levy-Thiebaut pour son témoignage et vous invitons à nous contacter pour toute question liée à votre communication professionnelle.