News

Michel Grondy: le dernier des Music Video Gods

 

[Par Ted Mills*]
[Traduction par Marco Bena]

Nous ne le savions pas à l’époque, mais Michel Gondry était l’un des derniers grands réalisateurs de vidéoclips, qui a créé de mini-épopées juste avant l’effondrement de l’industrie de la musique, des budgets disparus, et maintenant votre cousin, avec un Canon 7D, suit le groupe de son ami autour d’un champ et va mettre « ce-là » sur Vimeo.

Peut-être Gondry aussi a vu l’écriture sur le wall, parce que, par le début des époustouflante, il a été « inching » son chemin à Hollywood, d’abord avec « Human Nature » et après en trouvant une mine avec l’ « Eternal Sunshine of the Spotless Mind« , écrit par Charlie Kaufman, un des les meilleurs films français jamais fait qui n’était pas français (à l’exception du directeur).
Mais dans le crépuscule de vidéos de musique, les meilleurs réalisations de Gondry ont combiné les nouvelles technologies avec le « fait en maison », l’esthétique DIY.
Son intérêt pour les fractales, la mathématique, et les paradoxes et les boucles logiques sont allé créer le mélange. À la même fois de son intérêt pour la machinerie et l’artifice de la réalisation de films. Et comme sa face romantique autobiographique.

Ce qui suit est une petite sélection de quelques-uns de ses meilleurs et complexes vidéos musicales.

Gondry a réalisé plusieurs vidéos pour Björk, en commençant par « Human Behavior », son premier solo, mais « Bachelorette » (1997) va au-delà de l’aspect ludique pour arriver au déchirante. Un riff sur un poème infiniment récursive, une histoire qui est sur le récit de lui-même, la vidéo trouve Björk découvrir un livre dans les bois qui commence à se écrire par lui-même. Comme elle trouve un éditeur, gagne succès, et voit que le livre s’est transformé en comédie musicale, l’histoire est racontée à nouveau, puis encore une fois, une pièce dans une pièce dans une pièce. Mais chaque version est analogique, pas numérique, et perd quelque chose dans le processus, et la forêt glisse au retour dans la revendication de ses œuvres.


De même, dans cette vidéo (en haute) de la chanson de The Chemical Brothers « Let Forever Be » (1999), Gondry met en scène deux mondes, l’un sur la vidéo numérique, où notre héroïne tente de se réveiller et d’aller travailler dans un magasin de service; et un autre vue sur le film, où de nombreux sosies de la jeune fille parodient sa lutte et son emprise sur la santé mentale par le biais des leurs chorégraphiés. Cela illustre une équation familiers à Gondry : S’il y a A et B, après A + B c’est égal au temps de la folie. Les colorbars de la production vidéo se profilent à proximité pour faire avancer l’idée d’irréalité, et un effet en style VideoToaster nous sauve à la fin.


Pour autant que nous savons, « Knives Out » par les Radiohead (2001) n’a rien à voir avec les hôpitaux, mais Gondry a pris cette chanson « cannibale » et a fait une de ses réalisations la plus personnelle et original. Voici Thom Yorke qui remplace le directeur, que Gondry offre un mea culpa sur une relation qui a passé sa date d’expiration, quand sa petite amie développait une maladie et il ne pouvait pas supporter de rompre avec elle. Tout cela est aménagé, dans une triste, détaillée rêve de fièvre, dans ce seul plan séquence qui dispose d’un grand nombre de ses obsessions: Les jouets, la télévision, les loops et un brassage de symboles et de motifs. Regardez le fils de Gondry jouer brièvement sur le sol.



Et enfin:

Pour ne pas finir avec une note aigre, voici l’aventureux vidéo de Gondry du 1994 pour « l’englouti par l’histoire » Lucas.

« Lucas avec le couvercle » est l’un des premiers chefs-d’œuvre One-Take de Gondry, qui montre comme la magie est faite tout qu’en étant fait magique. (Les rois actuels des vidéos one-take de musique, OK Go, doivent leur succès à Gondry.) C’est aussi une vidéo qui tente de donner à chaque loop son propre élément dans la vidéo, impatient de son travail pour les Daft Punk (“Around the World”) et The Chemical Brothers (“Star Guitar”).

Gondry continue de faire des vidéos (il a réalisé « Love Letters » de Metronomy dans la dernière année), mais son attention est vraiment ailleurs.

Profitez de ces joyaux de son époque classique.

 

*Ted Mills est un journalist/écrivain d’art, freelance, qui dirige le FunkZone Podcast.

Vous pouvez lui suivre sur Twitter at @tedmills et/ou voir ses films ICI.